Pacte pour les aînés

Par Jean-Marc Papineau
Initiative d’un citoyen retraité dans le but de créer, pour la première fois, une pression populaire la plus forte possible afin d’inciter l’actuel gouvernement québécois à enfin améliorer, véritablement et diligemment, le sort des ainés québécois.

L’actuelle pandémie a dramatiquement aggravé le sort des aînés au Québec et mis en lumière la grave pénurie de personnel pouvant leur offrir les soins les plus élémentaires.

Au cours des prochaines années, l’un des grands enjeux sera d’attirer, de former et d’employer quelque 30 000 préposés aux bénéficiaires afin de répondre à la demande croissante dans le contexte du vieillissement accéléré de la population québécoise. Le Québec compte en effet quelque 100 000 aînés de plus chaque année. Si bien qu’en 2031, plus du quart de la population québécoise aura 65 ans et plus.

Nous, les signataires du Pacte pour les Aînés, nous demandons au gouvernement Legault de prendre sans autre délai les mesures suivantes afin que nos aînés ne subissent plus aucune perte de dignité.

Note : pour appuyer le Pacte pour les Aînés, il suffit de cliquer sur l’onglet JE SIGNE situé en haut de ce site. Votre adresse courriel vous est alors demandé dans le seul but de la valider et de s’assurer que personne ne puisse signer plus d’une fois. Votre adresse courriel n’est pas transmise à l’auteur du Pacte pour les Aînés.

Note : un résumé des mesures du Pacte pour les Aînés est disponible pour signature d’une pétition en ligne sur le site de l’Assemblée Nationale du Québec (voir l’onglet situé en haut de ce site).

  1. Priorité aux soins à domicile : s’inspirer du modèle danois
    Au Québec, quelque 80% du budget des soins aux personnes âgées est consacré à l’hébergement. Au Danemark, c’est pratiquement les trois quart du budget qui sont destinés aux soins à domicile. Au Québec, les personnes âgées en perte d’autonomie doivent souvent déménager, d’abord dans une résidence en soins intermédiaires, puis dans un CHSLD. Au Danemark, ce ne sont pas les personnes âgées qui se déplacent, ce sont les services qui sont dispensés là où elles habitent. Prioritairement axé sur le soutien et le suivi à domicile, le modèle danois propose des soins et des services adaptés aux besoins changeants des aînés leur permettant au final de rester plus longtemps à leur domicile.

Note : deux expertes en gérontologie à la retraite, Pauline Gervais et Irène Désilets, ont lancé le 25 mai 2020 un site sur les multiples avantages de prioriser les soins à domicile et dans lequel on peut laisser ses commentaires et expériences. Vous pouvez accéder à ce site en cliquant sur l’onglet Vieillir chez moi, c’est gagnant !, situé en haut de ce site.

  1. Augmenter le salaire de façon significative et satisfaisante pour :
  • les auxiliaires en santé et services sociaux oeuvrant aux soins à domicile des aînés
  • les préposés aux bénéficiaires du réseau public oeuvrant dans les CHSLD (centres d’hébergement de soins de longue durée)
  • les préposés oeuvrant dans les résidences privées pour aînés.
    Cela favorisera un recrutement massif tout en réduisant grandement le roulement de personnel et le transfert d’employés d’une résidence à l’autre
  1. Offrir aux aînés un meilleur accès aux soins, peu importe le milieu de vie
    L’accès aux soins en général, et aux soins nutritionnels en particulier, est présentement déficient dans de nombreuses installations accueillant des personnes âgées. Et les services offerts par des professionnels de la santé sont insuffisants, voire inexistants. Les aînés hébergés ou qui nécessitent des soins à domicile méritent, chaque fois que c’est nécessaire, un accès suffisant aux soins, que ce soient l’évaluation et la prise en charge nutritionnelle, les services de réadaptation, l’évaluation psychosociale et pharmaceutique, etc. L’état des aînés devrait également être réévalué périodiquement par le bon professionnel, comme c’est déjà le cas dans plusieurs provinces canadiennes.
  1. Mettre immédiatement en place un projet pilote « d’assistants de vie » pour les personnes handicapées vivant présentement en CHSLD
    Au 31 mars 2018, plus de 3 200 Québécois de moins de 65 ans vivaient dans un CHSLD, selon les données du ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) du Québec. Parmi eux, des personnes handicapées demandent de retourner vivre dans leur milieu de vie en étant épaulés par des « assistants de vie ». Cela accroîtrait leur qualité de vie, libérerait un nombre non négligeable de places en CHSLD et éliminerait d’autant la liste d’attente actuelle. Le MSSS estime que le coût moyen pour héberger une personne en CHSLD est de plus de 80 000 $ par année. Une partie de cet argent serait suffisante pour financer la formation et la rémunération des « assistants de vie. », fait valoir le président de Coop Assist, Jonathan Marchand.
  1. Transformer les CHSLD et les résidences privées pour aînés en vrai milieu de vie
  • Maintenir les liens conjugaux de sorte que les couples en fin de vie ne soient plus jamais séparés.
  • Réduire la médication, quand c’est médicalement justifié. Selon le Réseau canadien pour la dé-prescription, 66 % des personnes âgées souffrent de sur-médication, prenant cinq médicaments ou plus par jour, et 27 % dix ou plus.
  • Laisser les résidents se coucher et se réveiller à l’heure qui leur convient.
  • Établir une fiche de soins personnalisés tenant compte des besoins exprimés par chacun des aînés avec révision trimestrielle systématique.
  • Établir un programme personnalisé d’exercices physiques, incluant des massages.
  • Augmenter les sommes consacrées aux repas et faire une large part aux produits saisonniers québécois, voire bios, servis à la température adéquate.
  • Organiser des dégustations de vins et de spiritueux québécois.
  • Intégrer les bienfaits de la zoothérapie par la présence de chats, ce qui réduirait à la fois le douloureux sentiment de solitude des résidents et le nombre effarant d’animaux abandonnés et errants.
  • Réseauter des personnes âgées vivant seules chez elle avec celles vivant en résidence, ce qui réduirait la grande solitude des uns et des autres. Le transport des premiers vers les seconds pourrait être assuré par des taxis collectifs, ce qui faciliterait les déplacements tout en créant un revenu supplémentaire garanti à nombre de chauffeurs.
  • Réseauter des personnes âgées avec des enfants tant des garderies que des écoles, chaque résidence serait jumelée avec une classe.
  • Prévoir un budget divertissement permettant de financer des concerts et spectacles, ce qui créerait des moments d’évasion pour les résidents et des débouchés supplémentaires pour nos artistes.
  1. Recourir aux technologies
  • Intégrer des technologies permettant d’améliorer la sécurité, le bien-être et l’autonomie des aînés comme, prioritairement, des toilettes avec fonction automatique de lavage et de séchage, et des capteurs au sol en cas de chute.
  • Prévoir un nombre minimum de iPad par résidence afin que les aînés soient connectés avec diverses sources d’information et avec leurs proches.
  1. Fournir l’équipement médical et le matériel de protection adéquats en quantité suffisante
    De conception et de fabrication québécoise de préférence, à chaque préposé à domicile ainsi qu’à chaque CHSLD et résidence pour aînés, avec une réserve stratégique en cas de nouvelle crise. Plus précisément, implanter sans autre délai des gicleurs automatiques dans tous les lieux où un tel système de protection de base n’existe pas encore.
  1. L’apport du fédéral
  • Obtenir un accroissement des transferts fédéraux en santé de façon à ce qu’ils représentent un minimum de 30% des dépenses du Québec. À l’heure actuelle, environ 23 % des dépenses des provinces en santé sont assumées par Ottawa comparativement à 50 % il y a cinq décennies.
  • Maintenir la présence de l’armée d’ici à ce qu’un nombre suffisant de préposés ait été formé, en 2022. D’ici là, des membres québécois de l’armée canadienne apportent les soins non seulement médicaux, mais de base là où requis.
  1. Nommer un Protecteur des aînés du Québec
    Avec les ressources financières et humaines nécessaires pour notamment inspecter, systématiquement et sur une base régulière, tous les milieux de vie des aînés du Québec. Et avec le pouvoir de faire exécuter ses recommandations avec diligence.

J. Décentraliser la gestion des CHSLD et des résidences pour aînés vers les centres locaux de services communautaires (CLSC)

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